Jacqueline Fleury Marié – Jacqueline Marié-Fleury a fait partie de la Résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale.Le 12 décembre, elle éteindra ses 97 bougies. A travers un livre exigeant mais finalement intriguant, Jacqueline Fleury-Marié revient sur ses expériences de résistante.

Jacqueline Fleury Marié
Jacqueline Fleury Marié

Sa volonté et ses souvenirs sont encore intacts. Et c’est la première chose qui frappe chez Jacqueline Fleury-Marié quand on la rencontre dans le bureau de son appartement du quartier Montreuil de la ville de Versailles.

A 96 ans, l’un des derniers rescapés de la déportation encore en vie et résidant dans le département se décrit comme “une feuille qui vole, mais d’un arbre qui a beaucoup enduré”.

Elle sera présente ce dimanche au Salon du livre d’histoire de Versailles pour dédicacer des exemplaires de son livre sobrement intitulé “Résistante”, paru début octobre et disponible à la vente.

L’histoire d’une jeune adolescente qui, à 17 ans, rejoint le mouvement Résistance avec la Défense de la France et travaille ensuite comme analyste du renseignement pour le réseau de renseignement Mithridates, dont ses parents et son frère faisaient déjà partie.

Histoires De Déportés

Toutes les histoires de déportés sont distinctes les unes des autres. L’une en particulier, celle de Jacqueline Fleury-Marié, est extrêmement émouvante.

C’est le récit d’une jeune fille qui, à l’âge de dix-sept ans, décide de rejoindre le mouvement de résistance. Tous les membres de sa famille, y compris ses parents et son frère, sont catégoriques dans leur opposition. Jacqueline Marié, née le 12 décembre 1923 à Wiesbaden, en Allemagne, a passé sa jeunesse dans la ville française de Strasbourg.

Son père est militaire. Lorsqu’il est nommé à Versailles en 1939, la famille s’y installe. Lorsque la France est envahie par les nazis et que Pétain se soumet à l’envahisseur, la famille est entraînée dans une lutte pour la survie.

Dans un premier temps, Jacqueline travaille comme officier de liaison pour le réseau Défense de la France, puis comme officier de liaison pour le réseau Mithridates.

Elle et sa famille sont placées en garde à vue fin juillet 1944. Elle est envoyée à Ravensbrück, puis dans un camp de concentration près de Buchenwald, où elle meurt.

Elle localise sa mère dans l’un des camps. C’est sa description de la vie quotidienne des prisonniers, en particulier la manière dont ils sont considérés comme des “stücke”, ou parties, qui est la plus remarquable.

Ils créent des joyaux d’humanité pour résister à ce traitement inhumain et survivre. Par exemple, Jacqueline raconte les histoires de grands auteurs qu’ils ont étudiées à l’école et qui occupent leurs pensées et leur imagination.

Jacqueline Fleury Marié
Jacqueline Fleury Marié

De l’avis de ma famille, la rencontre Pétain-Hitler à Montoire en octobre 1940 était totalement injustifiée.
Ma première interaction avec la Résistance s’est produite pendant mes années de lycée, lorsqu’un de mes professeurs m’a encouragé à participer à certains actes.

Après cela, je suis devenu membre du mouvement Défense de la France, qui comprenait également certains de mes camarades de classe et condisciples de Versailles.

Notre responsabilité était de transporter et de distribuer la publication du mouvement dans toute la région. Cependant, il y avait des dangers : nous risquions d’être arrêtés lors de nos déplacements : à Paris, dans le métro, et surtout dans les gares, où les polices française et allemande procédaient à des perquisitions.

Jacqueline devient membre de l’équipe en charge de la publication de Défense de la France, et elle est en charge de la diffusion du magazine underground dans la région de Versailles, dont l’usine Renault.

Elle était également membre du “Réseau Mithridate”, dirigé par Pierre-Jean Herbinger et chargé de transmettre des renseignements au MI6.

Jacqueline, ainsi que ses parents, sont placés en garde à vue le 3 février 1944 et internés au camp de prisonniers de Fresnes. Avec Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion, elle et sa mère ont été détenues au camp de concentration de Ravensbrück pendant la Seconde Guerre mondiale.

Tchécoslovaquie

Elle et sa mère ont réussi à fuir en avril 1945, alors qu’elles se trouvaient dans un «marais de la mort forcé en Tchécoslovaquie; ils ont été libérés par l’armée soviétique et sont arrivés en France le 30 mai.En 1946, elle s’est mariée, prenant le nom de Madame Fleury, et ils ont ensuite eu cinq enfants ensemble.

Après la guerre, elle devient membre de l’Association nationale des anciennes déportées et internées de la Résistance, dont elle devient présidente après le décès de Geneviève de Gaulle-Anthonioz en 2002.

En 2003, l’association fusionne avec la Société des familles et amis des anciennes déportées et internées de la Résistance, dont elle devient présidente après le décès de Geneviève de Gaulle – Elle est la 31e personne à recevoir le titre de Grand Officier de la Légion d’Honneur, et la première femme à faites-le.