Affaire Jean Yves Morel – Affaire pénale française connue sous le nom d ‘”Affaire Jean-Yves Morel”, impliquant un technicien de laboratoire nommé Jean-Yves Morel qui a tué sa belle-sœur Marylène Roussey, 17 ans, le 5 avril 1996, à son domicile de La Frénaye, et une étudiante en chimie nommée Élisabeth Griffin, sa stagiaire le 26 juin 1997.

Affaire Jean Yves Morel
Affaire Jean Yves Morel

Marylène Roussey, une lycéenne normande, a disparu de la région du Havre en avril 1996. Elle est caractérisée comme gaie et joyeuse tout le temps, cependant elle a des tensions avec ses parents.

Soupçonnant d’abord une fugue, le père attend quatre jours avant de signaler la disparition de son fils aux gendarmes de Notre-Dame-de-Gravenchon.

Elle a déjeuné avec sa sœur Nadine devant leur lycée vendredi dernier, et Nadine affirme que son frère allait bien tout le temps. Nadine a laissé sa sœur faire la vaisselle pendant qu’elle allait travailler. Personne ne l’a vue depuis.

John Griffin signale sa fille, Elisabeth, disparue le 2 juillet 1997, en Normandie. Elle avait 23 ans à l’époque.Ces 10 jours se sont écoulés sans nouvelle de l’étudiant en chimie de l’Université de Rouen en question.

Le lendemain, sa voiture avec les portes ouvertes et son sac à main encore à l’intérieur est découverte dans un parking de la ville à une cinquantaine de kilomètres de chez elle.

Il y avait deux bouts de papier dans le sac, l’un avec le numéro de téléphone d’un certain Jean-Yves Morel, et l’autre avec la mention « Fred, le 24, à 10 heures » inscrite dessus.

Après un total de trois mois et demi passés à examiner l’affaire, nous l’avons réduite à un seul nom : le propriétaire du numéro de téléphone situé dans le sac.

Jean-Yves Morel, 33 ans, est père de famille, marié, et n’a pas d’anecdotes intéressantes à partager. Elisabeth a rencontré pour la première fois le technicien de laboratoire où elle a effectué un stage il y a un an. Jean-Yves Morel est appelé à la gendarmerie de Notre-Dame-de-Gravenchon.

Marylène s’est fâchée, a exigé de l’argent et a menacé d’informer sa sœur de la rupture lorsqu’il a exprimé son intérêt à mettre fin à leur relation. Puis Jean-Yves Morel aurait tenté de la repousser, l’envoyant dégringoler sur le carrelage, la tête heurtant un meuble.

Le suspect aurait ensuite enterré le corps de la victime dans un terrain où il avait l’intention de faire pousser un pommier.

Affaire Jean Yves Morel

Le corps de Marylène a été retrouvé le 4 mai 1998, avec juste ses collants déchirés. Lorsqu’on lui demande si elle pense que sa sœur a eu une liaison avec son mari, Nadine Morel répond :

“Non”. Elle a supposé qu’il avait l’intention de la maltraiter mais avait peur qu’elle en parle à sa sœur, alors il l’a assassinée.

Hier soir, la cour d’assises a ouvert l’enquête sur la mort d’Elisabeth ; l’accusé la connaissait depuis son stage à l’usine Bayer où il travaillait. Selon la lettre référencée ci-dessus, l’accusé affirme avoir invité Elisabeth chez lui afin qu’il lui raconte « l’affreux drame » qui pesait sur son esprit depuis douze mois.

Pour autant que nous sachions, Jean-Yves Morel n’est qu’un autre assistant chimiste marié, d’une petite ville, employé par Bayer, comme nous tous.

Le personnage qu’il présente au monde est presque sans défaut : il a un travail stable, une famille aimante, un chien amical et des conversations agréables avec ses voisins sur des sujets banals comme les voitures et le sport.

Il n’est pas du genre furieux mais plutôt quelqu’un de nature calme et réfléchi. Après avoir appris les actions de Morel, ses voisins et amis ont été choqués et l’ont dépeint comme un homme bien équilibré et instruit.

L’étude psychologique de cet homme s’avère plus nuancée qu’on ne le pensait initialement ; ses voisins l’ont diversement décrit comme un individu intellectuel et fier, ainsi que comme un frileux et solitaire. 3 .

Mais derrière la surface de ce type sans histoire se cachait un tueur et un passionné de pornographie, avec plus d’une centaine d’enregistrements et plusieurs publications disponibles uniquement dans les sex-stores.

Au cours de l’enquête, il a joué la victime en affirmant qu’il était encerclé par deux dames hostiles, dont la seule option était de le tuer.

Cependant, l’éducation de Morel a été spécifiquement ciblée par l’équipe de défense comme une raison possible de ses actions et un moyen de gagner les magistrats. Lui et ses deux sœurs se souviennent d’une enfance tourmentée par leur père tyrannique.

Un incident particulièrement troublant se produit lorsque le père oblige son fils à refaire un devoir de mathématiques et, à chaque erreur, il sort une tortue de l’aquarium et la fracasse.

Jean-Yves Morel, le seul à pouvoir fournir des informations sur le disparu, est interpellé afin que la police puisse l’interroger.

Ce dernier fournit des détails contradictoires jusqu’à ce que trois jours après sa disparition il affirme avoir vu l’une des deux victimes. Les enquêteurs ne peuvent rien faire face à cette remarque qui semble impossible jusqu’à présent.

Affaire Jean Yves Morel
Affaire Jean Yves Morel

Quelque temps plus tard, il sera révélé que Jean-Yves Morel a fait cette fausse déclaration dans le but de gagner plus de temps en garde à vue afin de semer le trouble. Les motifs d’arrestation et d’emprisonnement de Jean Yves Morel étant si peu nombreux, les enquêteurs ont dû le laisser partir en liberté.